Les auteurs doivent-ils faire fi de leurs valeurs lorsqu'ils écrivent ?

J’avais envie de poser des mots sur les interrogations qui tournent dans mon esprit en ce moment. Qui sait ? ils feront peut-être écho chez quelques-uns d’entre vous. Ou pas.


Il y a quelques années, je me souviens avoir entendu parler d’une auteure de romance qui avait accepté d’ajouter des scènes de sexe dans un roman afin d’être publiée. Elle l’a plus tard regretté.


Dernièrement, j’ai eu une conversation profonde et très intéressante avec une amie (qui se reconnaîtra si elle passe par là) à propos des blasphèmes, assez présents dans la littérature. Pour celles et ceux qui se demandent la différence avec une grossièreté, il s’agit plus précisément de termes injurieux envers Dieu ou les choses sacrées. Aujourd’hui, les blasphèmes sont souvent utilisés en interjection.

Le hasard, celui qui fait bien les choses ou que certains appellent la synchronicité, a fait que je suis tombée sur un commentaire d’une lectrice sur une célèbre plateforme de lecture. Croyante, elle déplorait l’utilisation des blasphèmes dans le texte. J’avoue avoir été perplexe par la réponse de l’auteure. Elle a répondu qu’elle-même était croyante, mais qu’elle ne voyait pas le rapport, qu’elle trouvait que ce commentaire était extrême, et que, si elle s’en tenait à ce genre de remarques, soit elle arrêtait d’écrire, soit l’intrigue se résumerait à la disparition d’une cuillère dans un couvent (je paraphrase).

😳

J’avoue que je n’ai pas su si je devais en rire ou en pleurer.

J’en ai conclu qu’un auteur qui se disait croyant pouvait se permettre d’injurier Dieu. C’est désolant.


Heureusement pour nous, pauvres lecteurs, il existe des écrivains qui ont un peu plus d’imagination et de vocabulaire. 😅


La question que je me suis posée, à travers ces exemples, c’est : est-ce qu’un auteur est responsable de ce qu’il écrit ?

À mon sens, oui.

D’ailleurs, on nous demandera : « C’est toi qui as écrit ça ? »

Je me vois mal répondre : « Oui, mais tu sais, c’est le personnage qui dit que… » ou « … qui fait ça… ».

Évidemment, l’écriture va nous amener parfois à parler d’un sujet ou à développer un thème qui ne nous concerne pas directement, mais jusqu’où doit-on aller, où doit-on s’arrêter ? À la limite que nous fixe notre conscience, je pense. Elle va être différente pour tout le monde, tout comme la manière dont on considère les choses sacrées, d’après ce que j’ai pu constater. Mais il faut se souvenir qu’on peut aussi troubler la conscience des autres et c’est un aspect à ne pas négliger.


En ce qui me concerne, je préfère m’en tenir à mes valeurs et à les défendre dans mes écrits. Je pense qu’elles sont facilement repérables. Pour vous donner un exemple, dans la vie de tous les jours, je ne dis pas de gros mots (si, si, je vous assure, c’est possible). De la même manière, mes personnages ne sont ni grossiers ni vulgaires. C’est quelque chose qui coule de source et qui est très important à mes yeux. C’est valable pour de nombreux autres principes.

Il y a des sujets sur lesquels je n’écrirai pas, des choses que je ne mettrai jamais dans mes romans. C’est un choix, restrictif, certes, mais du moment que c’est moi qui le fais en toute connaissance de cause, je l’assume. Et je ne pense pas que mes romans soient dénués d’intérêt pour autant.


Pour conclure cet article, j’en reviens à la question de départ : un auteur doit-il faire fi de ses valeurs lorsqu’il écrit ?

Personnellement, je ne crois pas. Si c’est le cas, j’estime que c’est triste, l’auteur a dû se perdre en cours de route, sans doute ne sait-il plus qui il est, ni en quoi il croit. Peut-être que l’ambition et l’envie de « réussir » sont plus fortes que ses principes. Et, de mon point de vue, c’est dommage, parce que je ne pense pas que ça rende plus heureux pour autant.

Mais loin de moi l’envie de juger, ce n’est pas le but de cet article, et j’espère que vous l’aurez compris. C’est juste une petite réflexion que je me suis faite.


Edit : À la suite de vos commentaires par rapport à cet article, je tiens à préciser une petite chose, au risque de me répéter. Il est évident qu'un auteur peut écrire à propos de (presque?) tout et notamment de sujets qui ne le concernent pas directement (petite pensées pour nos amis auteurs de thrillers 😅 entre autres), mais je parlais surtout de la manière de le faire. C'est là qu'intervient notre conscience, nos valeurs, nos principes, qui permettent d'instaurer des limites. Comme nous sommes tous différents, ces limites varieront d'un auteur à l'autre. C'est à chacun de déterminer où il place le curseur, afin d'être en accord avec lui-même. C'est, à mon sens, le plus important.


Cela dit, maintenant que je me suis exprimée sur le sujet, j’aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez. N’hésitez pas à commenter ⬇️

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