Le syndrome de l'imposteur #bis


Me revoilà pour vous parler du fameux syndrome de l’imposteur, vous savez, il s’agit de cette petite voix dans votre tête qui vous dit que vous n’êtes pas légitime, pas à votre place, que vous ne savez pas faire les choses comme elles devraient l’être. À ce propos, je vous invite à lire mon premier article à ce sujet, ICI, écrit il y a 2 ans déjà ! Aujourd’hui, mon regard est bien différent, c’est la raison pour laquelle je l’aborde sous un autre angle, en espérant ne vexer personne. Encore une fois, mes avis n’engagent que moi.


J’aimerais, cette fois, aborder les notions de stress et de doute que les réseaux sociaux et, par extension, certains autres auteurs induisent, sans aucun doute involontairement. Dernièrement, j’ai été assez perturbée par certaines catégories de posts.


D’un côté, il y a le fait que l’autoédition soit encore décriée et critiquée. Entendre que 99% des livres autoédités sont nuls, et que la plupart des autoédités sont des auteurs qui ont reçu un refus de la part de maisons d’édition et qui se sont rabattus par dépit sur l’autoédition, ça me hérisse le poil. De l’autre côté, il y a la grande mode du moment : toutes ces formations, coaching et conseils d’écriture proposés par des auteurs « aguerris ». Pas que l’idée en elle-même me dérange, mais ce qui me pose le plus problème, ce sont les méthodes employées. Critiquer ce que font certains auteurs pour valoriser son propre travail, c’est, à mon sens, un peu déplacé.


Le résultat, c’est qu’en voyant passer ce genre de posts toute la journée, on pourrait se sentir découragé, pensant que « tout le monde réussit sauf nous », ou que tout ce qu’on fait est nul, que ça ne vaut rien, que nous ne valons rien. On ne va pas se mentir, ça m’arrive parfois. Surtout quand je passe un peu trop de temps (à mon goût) à scroller sur les réseaux ou que je vois mille fois les mêmes pubs.


Dans ce cas, il suffit juste de prendre un peu de recul (et d’activer le mode sourdine 😆) :


- Je le répète souvent, mais être édité par une maison d’édition ne veut pas dire réussir. Ce n’est pas la panacée, loin de là. Oui, il y a des auteurs qui réussissent à percer dans ce milieu, mais disons-le, ils sont rares. La plupart des auteurs édités ne vivent pas de leur plume, ils ont un travail alimentaire à côté (notamment à cause des droits d’auteurs qui ne dépassent pas les 10 % pour les plus chanceux). D’autres n’écoulent que quelques centaines de romans (traduction en termes de revenus : ils ne gagnent rien), et leurs livres disparaissent bien vite des rayons au profit des nouveautés. Les plus courageux, ceux qui refusent de baisser les bras, se lancent alors dans l’autoédition (tiens, on y revient), quitte à racheter leurs droits avant de republier eux-mêmes leurs livres. Mais ça, on en entend moins parler…


- de nombreux auteurs se reconvertissent dans la formation : vivre de ses romans, écrire le best-seller de l’année, gagner plus d’abonnés, etc. Ils nous promettent la réussite financière et la célébrité, sous-entendant que si nous ne suivons pas ladite formation, nous n’avons pas la bonne approche du métier. On ne va pas se mentir, ça demande un investissement de dingue, ne serait-ce qu’en termes de temps et d’énergie. La question se pose : pourquoi ? Pourquoi ne passent-ils pas ce temps à écrire, plutôt qu’à former les autres ? Et si c’était une activité plus rentable que de vendre des livres ? (J’ai tout de même vu une formation à 699€ ! 😱) Après tout, n’y a-t-il pas des milliers de nouveaux auteurs qui sont perdus dans ce grand bain de l’(auto) édition et prêts à dépenser des fortunes pour obtenir des conseils qu’ils auraient pu glaner gratuitement ? Encore une fois, je ne critique pas, chacun gère son entreprise de la manière dont il l’entend. Si ça marche, tant mieux pour eux, je leur souhaite le meilleur. Vraiment.


Ce que je veux souligner dans cet article, c’est qu’il y a ce qu’on voit sur les réseaux et la réalité, parfois bien différente. Oui, il faut encore argumenter pour faire tomber les préjugés : non, l’autoédition ne veut pas dire faible qualité littéraire ; oui, on peut choisir (volontairement) cette voie (sans se faire rabrouer par une maison d’édition avant). Et non, avoir des milliers d’abonnés ne signifie pas que ceux-ci se précipiteront tous pour lire nos romans à leur sortie.


Je crois que ce syndrome de l’imposteur (c’est le thème de l’article, rappelons-le) surgit quand on souhaite atteindre toutes ces attentes/normes, parfois irréalisables, imposées par la société ou par nos pairs. Sauf que la situation de chacun est différente (situation professionnelle ou familiale, santé, priorités) et que tout le monde ne peut pas, ou tout simplement ne désire pas, faire des pieds et des mains pour se faire publier en ME ou obtenir des milliers d’abonnés sur les réseaux.


On en (re)vient à la notion de temps. Écrire demande du temps ; la promotion de ses ouvrages demande énormément de temps, que l’on soit édité en ME ou autoédité (sur ce point, même combat, les gars). Sauf qu’on possède tous le même stock : 24 h par jour. Ni plus ni moins. Reste à déterminer ce qu’on en fait.


Pour ma part, j’ai décidé de rester moi-même, peu importe si je ne rentre pas dans les cases. Mon travail, c’est écrivain. Cette fois (il m’aura fallu presque 4 ans), je n’ai plus peur de le dire. Alors, j’écris. C’est ce que je souhaite faire, j’ai des tas de projets. Je ne suis pas influenceuse. Ce n’est pas ma came et j’assume. Certes, je fais sans doute des erreurs dans ma com’, comme tout un chacun (y compris les fameux coachs, voilà qui est rassurant). Ça n’a jamais empêché les gens de trouver et de lire mes romans. Ça ne m’a jamais empêché de toucher un salaire à la fin du mois et de vivre de ma plume. Donc oui, je reste peut-être un ovni, un imposteur. Mais qu’importe, du moment que je l’assume.


Alors, pour finir, je m’adresse à vous tous qui avez lu cet article jusqu’à la fin, parce que le titre vous a attiré (attention, c’est la minute coaching de Ninon) : n’ayez pas peur d’être différents, n’ayez pas peur de rester vous-même ! Je dirais même mieux : soyez-en fiers !


J’espère que cet article vous aura plu et peut-être même soulagé. N’hésitez pas à argumenter en commentaire.

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