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Les auteurs doivent-ils avoir honte de leurs premiers romans ?


Il y a quelque temps, j’ai vu passer un post d’une auteure, désormais éditée dans plusieurs maisons d’édition. Pour situer le contexte, cette dernière a récupéré les droits de ses premiers romans et elle a hésité à les autoéditer. Puis, pour plusieurs raisons, elle a décidé de ne pas le faire.

L’une de ces raisons m’a fait tiquer. Elle disait qu’elle devrait les retravailler avant de les republier, car elle estimait qu’ils n’avaient pas la même qualité éditoriale que ses derniers romans édités. Si ça m’a interpelée, c’est parce que je les avais lus, ces fameux romans, et que je les avais même adorés !


Alors, je me suis posé la question : un auteur doit-il avoir honte de ses premiers romans ?


Tout bien réfléchi, il est vrai que je ne parle plus beaucoup de mes premiers romans. Pourquoi ? D’une part, parce que je préfère promouvoir mes nouveaux romans, pour leur donner de la visibilité, et d’autre part, j’avoue que, dans un coin de ma tête, mes premiers romans n’ont pas la même qualité éditoriale que les derniers. Ils n’ont pas bénéficié des mêmes corrections, je n’avais pas pris conscience de certains de mes tics d’écriture… Bref.



Mais…

Pourtant, de nombreux lecteurs continuent à les lire et en plus, ils les apprécient ! Je reçois régulièrement des messages concernant mes tout premiers romans. Il arrive souvent que des lecteurs me découvrent avec l’un de mes derniers romans, puis décident de lire tous les autres. Et devinez quoi ? Personne ne semble s’apercevoir d’une quelconque différence. Parce que, tout compte fait, il n’y en a pas tant que ça.

J’en ai conclu que c’est souvent dans la tête de l’auteur que ça se passe. Il faut dire qu’on se souvient du travail apporté au manuscrit, des nombreuses réécritures pour le rendre aussi parfait que possible… et peut-être qu’on a oublié que le résultat final était plutôt pas mal. Et puis, en ce qui me concerne, à mes débuts, le syndrome de l’imposteur était très présent. C’est tout juste si je ne m’excusais pas de publier un roman. À mes yeux, mes histoires étaient nulles. C’est vous, chers lecteurs, qui m’avez permis de prendre confiance en moi, grâce à vos merveilleux retours. J’en profite donc pour vous remercier une nouvelle fois !



Les histoires ou les personnages préférés.

C’est vrai aussi qu’en tant qu’auteur, on a tous nos histoires ou nos personnages chouchous parmi tous ceux qu’on a créés. On va donc les mettre en avant de manière plus ou moins consciente.

Pour tout vous dire, je n’ai pas vraiment d’affect pour mon premier roman, L’empreinte du passé, sans doute parce que je l’ai écrit uniquement pour participer à un concours, je ne sais pas. Les personnages n’ont pas pris vie dans mon esprit de la même manière qu’Alicia et Jérémie (de Tout recommencer à zéro), mes petits chouchous, par exemple. De même, Ce lien qui nous unit était très important pour moi, car il s’agit d’un roman thérapie. Et je sais que mes émotions transparaissent dans le récit, qui vous émeut toujours autant.

Il y a aussi les romans qui nous ont fait saturer. Pour ma part, c’est le cas de Dis-moi pourquoi. J’ai du mal à le promouvoir. Et pourtant, c’est l’un de mes romans qui s’est le mieux vendu. C’est dire à quel point vous l’avez aimé !



Pour conclure.

Je pense donc que les pensées d’un auteur sont très différentes des pensées des lecteurs. La plupart des lecteurs ne vont pas analyser nos romans ni les comparer les uns aux autres. Il va bien sûr arriver qu’ils préfèrent tel roman plutôt qu’un autre, qu’ils n’adhèrent pas à l’histoire de celui-ci, qu’ils adorent celui-là… C’est normal. C’est humain.


Moi aussi, en tant que lectrice, quand je lis plusieurs romans d’un même auteur, j’ai mes préférences, voire mes coups de cœur, et aussi des déceptions. Ça ne signifie pas pour autant que le roman est mauvais, c’est juste qu’il ne m’a pas touché autant que les autres. Ça arrive.


Alors, un auteur doit-il avoir honte de ses premiers romans ? Je ne crois pas. Je pense au contraire qu’il devrait être fier de son parcours et de son évolution.

Sa plume s’est-elle améliorée ? Tant mieux !

Le travail éditorial est-il désormais de meilleure qualité ? C’est formidable !

C’est la preuve que vous vous épanouissez dans votre travail et que vous vous professionnalisez de plus en plus.


Pour terminer, j’ai envie de dire : heureusement que tous les auteurs ne retirent pas leurs premiers romans de la vente, sinon, des milliers d’histoires (de pépites ?) disparaitraient et ce serait vraiment dommage, vous ne trouvez pas ?


Cela dit, maintenant que je me suis exprimée sur le sujet, j’aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez. N’hésitez pas à commenter ⬇️

20 vues2 commentaires

2 Kommentare


Augustine Castillon
Augustine Castillon
07. Juli 2023

Je suis tout à fait d'accord avec toi ! Je dirais aussi que les premières œuvres ont une sponatanéïté touchante et parfois même un petit supplément d'âme par rapport aux œuvres suivantes. Avec le temps et l'habitude, il est tentant de suivre une "recette qui marche" et de perdre en créativité. C'est d'ailleurs valable pour tous les arts et toutes les activités créatives... D'où l'intérêt de se forcer à sortir de sa zone de confort de temps en temps pour garder une certaine fraîcheur.

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 ninonamey
ninonamey
07. Juli 2023
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Coucou, c'est super intéressant, ce que tu dis, et je suis tout à fait d'accord avec toi. Cette spontanéité et ces émotions transparaissent beaucoup chez les autoédités et c'est ce que j'apprécie.

Merci d'avoir commenté ! 😊

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